Au sein de l’écrasante majorité présidentielle d’Emmanuel Macron, François Bayrou a fait élire à l’Assemblée nationale une génération d’élus locaux qui lui étaient restés fidèles.

Marc Fesneau

Marc Fesneau / Thomas Samson/AFP

En politique, il y a ceux qui ne vivent un mandat que comme une marche avant d’en gravir une autre, plus haute. Et il y a ceux qui ne bâtissent pas de plan de carrière. Marc Fesneau, président du groupe MoDem, appartient à cette seconde catégorie.

S’il est né et a grandi à Paris, le jeune homme s’est ensuite installé à Marchenoir, commune de 650 habitants du Loir-et-Cher. Sa famille en est originaire et y avait conservé des attaches pour les vacances et les week-ends. « Je ne me suis jamais senti Parisien et j’avais besoin de retrouver mes racines », explique-t-il. Plus tard, ce choix de vie sera « un des points d’accroche avec François Bayrou ».

Il est élu conseiller municipal de Marchenoir en 1995, à 24 ans. En 2008, il en ceindra l’écharpe de maire. Adhérent de l’UDF puis du MoDem depuis 1997, Marc Fesneau intègre l’entourage de François Bayrou via Jacqueline Gourault (actuelle ministre), qui l’engage comme assistant parlementaire dans la foulée de sa première élection au Sénat, en 2001. Parallèlement, il reprend des études à Sciences Po.

Il « connaît bien la ruralité »

En 2004, il accède au conseil régional après la fusion entre les deux tours des listes UMP et UDF. En 2010, c’est à son tour de conduire la liste MoDem, cette fois isolée et éliminée au soir du premier tour. Entre-temps, François Bayrou a en effet rompu avec la droite, faisant éclater l’UDF. Dans le Loir-et-Cher, Maurice Leroy est resté à droite, tandis que Jacqueline Gourault et lui-même sont demeurés fidèles à François Bayrou.

Marc Fesneau (MoDem) et Maurice Leroy (UDI) sont dorénavant tous les deux députés. Leurs relations sont « apaisées et constructives ». Il est vrai que le premier ne s’est pas présenté dans la circonscription du second, où se situe pourtant sa commune. Une décision qui répond à une « logique territoriale », avance-t-il.

Son territoire coopérerait davantage avec Blois, vers le Sud, qu’avec Vendôme, vers l’Ouest. Mais aussi une « logique politique », concède-t-il. De fait, il lui était plus facile d’affronter, puis battre, un PS qu’un ex-UDF comme lui.

Maurice Leroy a d’ailleurs rendu hommage à Marc Fesneau en expliquant dans La Nouvelle République du Centre-Ouest que celui-ci « connaît bien la ruralité », par opposition aux parlementaires de La République en marche qui « sont des urbains ».

Secrétaire général du Modem depuis 2010

Après des études scientifiques (Deug de Sciences de la nature et de la vie) et une mission au ministère de l’agriculture, celui qui découvrira véritablement la nature en chassant a d’abord travaillé à la Chambre d’agriculture de Loir-et-Cher.

Il y a rencontré son épouse et mère de ses trois enfants, qui ont aujourd’hui entre trois et douze ans. En 2010, c’est naturellement le portefeuille de l’agriculture que François Bayrou lui confie dans son « cabinet fantôme ».

Derrière un visage resté juvénile, Marc Fesneau aime gérer les relations humaines au quotidien. Un talent indispensable à la tête d’un groupe de 47 membres, qu’il a développé aussi bien à la présidence de la Communauté de communes Beauce et Forêt qu’au sein du parti, dont il est secrétaire général depuis 2010.

Outre sa propre élection, sa grande satisfaction fut de l’être avec une génération de militants qu’il avait accompagné à l’Institut de formation des élus démocrates.

Article disponible sur le site La-Croix.com : http://www.la-croix.com/France/Politique/Marc-Fesneau-sillon-sans-plan-carriere-2017-09-07-1200874921