Découvrez le discours de Marielle de Sarnez à l’occasion de la clôture de l’Université de rentrée 2017 du Mouvement Démocrate à Guidel.

 

Chers amis,

Permettez moi tout d’abord de vous remercier tous pour votre présence chaleureuse lors de ces trois journées de notre université de rentrée.

Vous êtes venus nombreux, engagés, exigeants, parce que vous mesurez les enjeux, tous les enjeux, et parce que vous savez que beaucoup reste à faire pour transformer durablement l’essai réussi de l’élection présidentielle.

Et je veux remercier ici en votre nom à tous l’équipe vaillante et professionnelle qui, une fois de plus, avec le concours de nos amis bretons, a tout mis en œuvre pour que cette rencontre soit une réussite, sous la conduite éclairée de notre nouveau secrétaire général.

Permettez-moi aussi un rapide retour en arrière avant de nous projeter sur ce que nous avons maintenant à construire tous ensemble pour répondre aux attentes des Français.

Grâce à l’engagement et au choix de François Bayrou, nous avons participé à l’élection présidentielle de 2017 de façon déterminante. Nous avons voulu, accompagné, co-construit l’élection d’Emmanuel Macron. Et nous en sommes très heureux. Cette élection, avant qu’elle ne se produise, elle apparaissait comme impossible, son résultat inimaginable, aux yeux de l’immense majorité des commentateurs et des acteurs de la vie politique et publique française. C’est d’ailleurs un sentiment bien humain que de se raccrocher à l’idée que tout va toujours continuer comme avant, que rien ne va jamais changer.

Mais nous, parce que nous l’avions touché du doigt en 2007, nous savions qu’il y avait au plus profond de la société française, cette attente de faire bouger les lignes, de casser les codes anciens, de sortir de l’immobilisme, d’en finir avec l’impuissance publique, et l’affrontement bi-polaire de deux blocs qui n’ont cessé de s’opposer d’apparence l’un à l’autre, mais qui ont toujours partagé la même volonté que rien ne change jamais, pour garder le monopole du pouvoir.

Nous savions que le temps était venu d’écrire une page nouvelle.

Cette victoire d’Emmanuel Macron, nous l’avons, sans doute plus que d’autres, ressentie au plus profond de nous. Parce qu’elle était en cohérence, en correspondance parfaite, avec ce que nous n’avons cessé de porter, de défendre comme idées, comme projet, comme vision du pays et de l’Europe. Parce qu’elle a été pour nous l’aboutissement d’un long chemin, de résistance, de prises de risque, de combats. D’un long chemin où, malgré les difficultés, nous n’avons jamais rien cédé sur ce que nous croyions essentiel pour le pays, et pour son avenir.

En réalité, mes chers amis, cela fait bien longtemps que nous sommes en marche ! Je dis nous car rien n’aurait été possible sans chacune et chacun d’entre vous. Si nous avons pu tenir, construire, avancer, gagner, c’est parce que nous étions ensemble. Et je veux ici, à cette tribune, vous en remercier du fond du cœur. Nous sommes en marche depuis bien longtemps, et, je veux vous faire une confidence, nous avons bien l’intention de ne pas nous arrêter ! Car les enjeux sont immenses.

Le changement en profondeur de la vie politique française, l’émergence d’une majorité centrale et large qui seule peut permettre de conduire les transformations dont notre pays a besoin, ce changement, qu’Emmanuel Macron a su incarner avec force, doit être un changement durable.

Telle est, mes chers amis, notre responsabilité pour les années qui viennent : faire en sorte que le changement initié par Emmanuel Macron s’inscrive durablement dans la vie politique française, le rendre irréversible pour éviter, dans cinq ans ou dans dix ans, tout retour en arrière qui serait pour notre pays un aller sans retour.

C’est pourquoi nous allons nous engager, nous investir, de toutes nos forces, pour que sa politique de reconstruction, et de transformation du pays réussisse . C’est la première condition pour que ce changement soit pérenne, il faut qu’il porte ses fruits. Le plus vite possible.

Il nous faut reconstruire le pays. Traiter, enfin, en profondeur, les vrais problèmes de la France que les majorités successives, de droite comme de gauche, n’ont pas pu ou pas voulu régler depuis des décennies. Le chômage, la protection sociale, les ressorts de notre économie, la dette, notre école, les inégalités croissantes, la fracture sociale, et territoriale, l’éloignement du peuple français avec l’idée européenne, tous ces problèmes, non seulement ils n’ont pas été réglés, mais ils ont même prospéré ces dernières décennies, en grande partie à cause de la pusinallité de nos gouvernants, mais aussi à cause du dysfonctionnement de nos institutions. Et cette incapacité profonde à régler les questions n’a cessé de nourrir la montée des extrêmes.

C’est avec tout cela que nous voulons rompre, définitivement. Et c’est pourquoi nous voulons bâtir un nouveau contrat démocratique. Un contrat qui donnera du sens aux réformes. Qui permettra leur mise en perspective.

La réforme est un chemin difficile tant les inquiétudes et les impatiences se télescopent. Mais la réforme pour la réforme n’est pas un but en soi. C’est un moyen, au service d’une ambition commune, d’une vision, d’un idéal. C’est un moyen pour faire mieux. C’est comme cela que nous devons penser, nourrir les réformes dont le pays a besoin, en élaborant un calendrier clair et précis, et en fixant, à chaque fois, pour que chacun s’y retrouve et y adhère, les objectifs à atteindre.

Et surtout, en ne perdant jamais de vue l’essentiel, l’idéal du modèle social français. Car c’est bien cela qui nous tient, qui nous relie les uns aux autres. Nous formons un peuple qui a la charge de tous ses enfants, sans exception, et qui doit donner à chacun toute sa chance, tout au long de sa vie. Notre nation sera grande, estimée, respectée, aimée, par chacun de ceux qui la forment, nous savons porter collectivement le projet d’un modèle social français qui émancipe, donne des raisons de vivre, ouvre tous les champs des possibles, et permette d’aller toujours  plus loin, et toujours plus haut.

C’est cela le rêve français. Et c’est avec cette inspiration que je vous propose de renouer.

Car je crois que c’est la raison profonde de notre engagement, nous tous réunis ici dans cette salle. C’est cela qui nous motive, qui nous fait avancer : redonner corps au rêve français, redonner des raisons de vivre.

Et c’est en ayant à l’esprit cet idéal là, qu’il nous faudra transformer le pays. Le transformer en profondeur dans sa manière de fonctionner. Notre Etat ne peut plus continuer à fonctionner comme il le fait depuis des décennies, et en vérité depuis des siècles, au travers de tous les régimes. Les temps ne sont définitivement plus au centralisme et au jacobinisme. Ce mode d’organisation a eu ses vertus, mais aujourd’hui ce sont ses faiblesses qui paralysent la société.

Les temps sont au contraire à faire confiance à ce qui savent vraiment, à ceux qui sont au plus près des réalités du terrain, aux élus locaux chère Jacqueline, aux corps intermédiaires, aux entrepreneurs, aux créateurs, au monde associatif, aux enseignants, aux citoyens, dans leur ensemble. J’ai une certitude, c’est que tous ceux que je viens de citer, et je pourrais encore allonger la liste à l’infini, ils savent, mieux que quiconque ce qui est bon pour leur vie, pour leur activité au quotidien.

Ce qu’ils attendent de la puissance publique, ce n’est pas qu’elle les contraigne, c’est qu’elle les accompagne, qu’elle les soutienne, qu’elle les entraîne et qu’elle soit à leurs côtés. C’est une véritable révolution de la confiance qu’il nous faut conduire, pour faire respirer le pays tout entier. Et sortir enfin d’un centralisme qui n’est pas même démocratique.

Un nouveau contrat démocratique, ce sont aussi des contre-pouvoirs qui fonctionnent.

Comme nouvelle élue à l’Assemblée nationale française, je suis convaincue que là aussi, il y a une véritable révolution à conduire. Pas seulement pour diminuer le nombre de parlementaires, mais pour favoriser l’émancipation du Parlement.

Le Parlement doit être le lieu des grands débats démocratiques pour permettre à l’opinion publique française d’être éclairée sur les grands enjeux, et de s’en saisir.

Il doit devenir un lieu de co-construction, loin de la logique de « godillisme » qui a fait tant de mal à la Vème République. Ce dont le pouvoir a besoin, ce n’est pas d’un parlement « suiveur » ou « frondeur », c’est tout simplement d’un vrai Parlement, d’un Parlement qui s’affirme, d’un Parlement fort, et qui se revendique et s’assume comme tel. D’un vrai parlement, qui soit capable de mieux légiférer, de légiférer clair, parce que la loi aujourd’hui, elle n’est plus lisible, elle n’est plus compréhensible. C’est cela que nous allons porter tous ensemble dans les mois qui viennent.

Un nouveau contrat démocratique, c’est aussi un parlement qui représente toutes les sensibilités. C’est le respect du pluralisme qui garantit que le bon équilibre est trouvé dans les actions à conduire, et qu’une large majorité de Français s’approprie les changements en cours.

C’est pourquoi, nous soutenons l’exigence démocratique d’un nouveau mode de scrutin. Je veux rappeler ici devant vous que tous les pays de l’Europe continentale, sans exception, ont aujourd’hui un mode de scrutin proportionnel. Et il suffit là aussi de regarder autour de nous pour voir qu’il y a un lien évident entre leur mode de scrutin, et l’efficacité de leur action publique, en particulier quand il s’agit de porter des réformes substantielles.

De même il y a un lien entre mode de scrutin et unité. Nous voyons bien que l’organisation actuelle de la vie politique favorise les divisions, plutôt qu’elle n’incite à l’unité. Or, pour être fort, un pays doit être rassemblé. C’est cela le rôle, la fonction du Président de la République. Incarner, entraîner, rassembler.

Et je veux vous dire que j’ai été particulièrement heureuse d’être à la Sorbonne mardi dernier pour entendre le discours historique de notre Président de la République. C’était un beau discours. Un discours qui signe le retour en force de la France en Europe. A un moment où les risques et les périls s’accumulent dans notre environnement immédiat. Il suffit de regarder une carte du monde. Et où le besoin d’une véritable Europe se fait plus que jamais ressentir.

J’ai été touchée par ce discours, car j’y ai retrouvé les mêmes idées, les mêmes propositions, la même vision d’une Europe forte, unie, efficace, politique et démocratique, que celle nous portons avec François, avec Jean-Louis, et tant d’autres amis, depuis bientôt vingt ans. Là encore, il y a concordance, et résonance parfaite.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons formé avec Guy Verhofstadt l’Alliance des Démocrates et des Libéraux, au centre de la vie politique européenne. Parce que les partis traditionnels, à droite comme à gauche, n’ont cessé  de revoir à la baisse leurs ambitions et leurs convictions européennes.

C’est pourquoi je vous propose de nous mobiliser nous, Démocrates, pour que ce projet européen devienne demain une réalité, et pour faire émerger, à l’occasion des prochaines élections européennes de 2019, le grand centre résolument européen dont l’Europe aura vitalement besoin pour relever les défis nombreux auxquels elle est confrontée.

Voilà chers amis l’ambition qui est la nôtre. Réussir la transformation du pays. Réussir la transformation de l’Europe.

C’est pourquoi nous portons l’ambition d’un véritable contrat démocratique avec les français, pour que les résultats soient au rendez-vous, et que la transformation soit durable.

Chacun à notre place, nous allons être aux premiers rangs de cette formidable aventure. Au gouvernement avec nos ministres, chère Jacqueline, et chère Geneviève. Au parlement avec nos élus, nombreux et talentueux, cher Marc. Au parti, cher Yann, avec nos adhérents, et nos sympathisants, toujours fidèles et engagés.

Et avec toi, cher François, car ce que tu incarnes, ce que tu portes, ce dialogue continu que tu nourris si bien avec la France, et les Français, toujours sur le fond, et cette recherche de sens qui est ta marque de fabrique, tout cela comptera pour beaucoup dans la réussite de notre Président.

Chers amis, nous avons pour la France comme pour l’Europe une ardente obligation de réussite.

C’est notre engagement.

C’est notre volonté.

Romain Désiré dit Gosset

Secrétaire départemental du MoDem
Délégué fédéral des Jeunes Démocrates de la Manche