Retrouvez l’intégralité du discours de François Bayrou au premier Conseil de La République En Marche, ce samedi 18 novembre 2017.

 » Un mot d’amitié et de soutien à Edouard Philippe, le premier ministre et le responsable, le chef de la majorité, à laquelle nous appartenons tous, et à qui je veux dire notre soutien et notre présence auprès de lui.

Un mot d’amitié et d’admiration pour Gérard Collomb, qui, à la tête de cette ville, l’a portée par sa vision et sa volonté, au niveau de rayonnement international, qui est le sien.

Naturellement, un mot au triomphateur de cette journée : Christophe Castaner, qui vient d’être élu à la tête de votre mouvement. Et à qui je dis ma solidarité parce qu’il y a une chose que je sais en politique, c’est que rien n’est plus difficile que de construire un mouvement politique nouveau ! De ce point de vue là, je lui adresse mes vœux et je lui souhaite le courage nécessaire.

Un mot pour les élus nombreux dans cette salle, les membres du gouvernement que je salue avec déférence, mais aussi Richard Ferrand et de François Patriat, les deux présidents de groupes, qui eux aussi, ont la lourde responsabilité d’organiser l’action parlementaire du mouvement que vous formez ensemble.

Le mot le plus important, c’est pour vous qui êtes venus participer à ce Conseil de formation dans une ville qui est, pour le mouvement, extrêmement précieuse.

Parce que c’est vous qui êtes de loin les plus importants. Il y a deux sortes de gens en politique et dans la vie. Il y a ceux qui croient, qui constatent, qu’au fond, les choses sont comme elles sont, et qu’il est très difficile de faire autrement, et que quels que soient les efforts, on ne les changera pas. Ceux là, ce sont les résignés.

Et puis, il y a une deuxième catégorie de gens, ceux qui ont décidé, à la mesure de leurs forces, de changer le monde. Et l’aventure que nous avons vécue au printemps autour d’un homme jeune, avec une vision, entreprenant, audacieux : autour d’Emmanuel Macron, c’est l’aventure de ceux qui veulent changer le monde. Et c’est pourquoi vous êtes là. Et c’est pourquoi je suis heureux d’être à vos côtés, dans l’affirmation de cette volonté, et de l’action qui va la porter.

Au fond, changer le monde, c’était la promesse du printemps 2017. Changer le monde dans le cadre de notre nation, et plus profondément, et plus gravement, encore dans la l’état du monde qui est préoccupant, reprendre le message universel, qui est le message naturel de la France.

Et le premier ministre sait bien dans son action – et le président de la République sait mieux encore – que c’est lorsque la France a un message universel qu’elle est à sa place et qu’elle ressemble à ce qu’elle veut et doit être.

Et regardez comme le monde répond. Regardez ce qu’on ressent en écho de l’action qui est celle de la France aujourd’hui, depuis qu’Emmanuel Macron est à sa tête. Regardez ce qu’on entend aux Etats-Unis. Regardez ce qu’on entend au Moyen Orient. Regardez ce qu’on entend aujourd’hui au Liban, en raison de la force, du message et de la parole de la France, en effet, quelque chose est en train de changer. Et je crois profondément que quelque chose est en train de changer aussi dans notre pays. Quelque chose a changé, c’était indéfinissable, c’était une chanson qui avait, il y a quelques décennies, un sens pour une très grande artiste.

Mais je crois aussi que c’est cela que l’on ressent dans notre pays, en France, aujourd’hui. Je crois que la fatalité ne fait plus la loi, et que la résignation n’est plus la norme. On a changé cela. Vous avez changé cela. L’élection d’Emmanuel Macron et les décisions successives qui ont été prises ont changé cela.

Je voulais vous dire à quel point c’était important pour un très grand nombre de Français. Important pour vous, important pour nous, important pour moi.

Et puis, chacun d’entre nous le sait, nous avons de très grands défis devant nous. Je vais en énumérer quelques-uns.

Le premier des défis, c’est de rendre à l’idée nationale, à l’idée de nation française, un sens qui soit un sens qui soit d’ouverture et non plus un sens de fermeture. Un sens qui soit d’optimisme et non plus un sens de ces sensibilités qui veulent se recroqueviller sur ce que nous sommes. Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, l’idée de France a pris un autre visage, et je suis infiniment heureux que tous les pays, notamment tous les pays européens s’en rendent compte alors qu’on avait l’impression que ces idées nationales tournaient trop souvent vers le nationalisme. L’idée de France est de retour.

Deuxième défi – et on sait à quel point il est important aujourd’hui – : nous avons l’obligation de donner à la laïcité française son plein sens. La laïcité, c’est un message pour la France, et c’est un message pour le monde. Cela n’est pas un message pour une seule forme de société. Et la conviction profonde qui est la nôtre, c’est que si cette idée de laïcité interprétée, dans chacun des pays selon une tradition ne s’impose pas, alors le destin du monde, c’est la guerre, et c’est l’horreur, et c’est l’anéantissement d’une certaine idée de l’homme. Je le dis en pensant à la décision qui a été prise en Mauritanie hier et aujourd’hui, qui est que : le blasphème ou le changement de religion seront punis automatiquement de la peine de mort, même si celui qui les a prononcés, exprime un repentir. Peine de mort obligatoire en 2017, dans un pays qui est au fond, à proximité de nos frontières. Il y a un message français de laïcité, je le dis comme citoyen et je le dis comme croyant. J’affirme ce que je suis, que nous avons à porter dans le monde, à imposer dans nos frontières et à porter dans le monde en sachant que la laïcité est une fermeté, qu’elle n’est pas une fermeture.

Nous avons une mission pour rétablir, faire renaître la vitalité française, je pense bien sûr à l’économie. Mais il n’y a pas que cela, l’inventivité et la vitalité française.

Je voudrais finir sur deux idées qui me paraissent aussi nécessaires que les autres, même sur lesquelles il est nécessaire de braquer un instant les projecteurs. Ces deux idées, c’est l’impérieuse nécessité de l’affirmation d’un nouveau modèle social pour la France. Ce besoin-là, cela n’est pas seulement un besoin pour quelques-uns, mais un besoin pour tous. Ce besoin-là, c’est un besoin national. La France ne peut pas être elle-même, elle qui a « égalité » et « fraternité » dans sa devise, si elle n’adopte pas un modèle social et ne l’affirme pas. Ce modèle a été trop longtemps un modèle d’assistanat et d’assistance. Nous avons besoin qu’il soit un modèle d’autonomie, de liberté et d’indépendance. Et c’est pourquoi je veux saluer la première des politiques sociales, la politique de l’Éducation et Jean-Michel Blanquer sait à quel point je soutiens son action.

Et enfin, dernière idée : nous avons à inventer un modèle démocratique, une manière de faire fonctionner nos institutions, la vie publique, le pluralisme français, en organisant l’espace que nous avons ensemble voulu et construit.  Il y a un grand espace central en France, humaniste et démocratique, qui a besoin d’être reconnu, de rassembler et d’être organisé. Ces deux verbes : rassembler et organiser définissent le devoir qui est désormais devant nous pour soutenir Emmanuel Macron et tenir la promesse du printemps !

Merci beaucoup. »

 

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