Vous vous souvenez sans doute que pour couper court à une polémique lancée par un groupe de parlementaires, le président de la République a décidé, l’an dernier, que la France allait souscrire à la déclaration additionnelle numéro 52 au traité de Lisbonne consacrant la reconnaissance des cinq symboles de l’union européenne : son drapeau, son hymne, sa devise, sa monnaie et sa fête.

Cette régularisation formelle est intervenue le 19 octobre.

Ecrivant ces lignes un peu avant le 9 mai 2018 qui sera donc, en France, la première fête de l’Europe reconnue légalement, je voudrais souligner tout ce que ces symboles portent des valeurs qui nous identifient au plus haut point en formulant une proposition politique, une proposition militante et une proposition réglementaire.

→ Même si la journée de l’Europe commémore la déclaration de Robert Schuman du 9 mai 1950, sa proximité avec le 8 mai, anniversaire de la capitulation allemande de 1945 pousse à la réflexion.

Le 8 mai est redevenu commémoratif et férié selon le souhait de François Mitterrand qui entendait ainsi faire droit aux revendications d’associations d’anciens combattants à qui il avait promis de revenir sur les décisions de deux de ses prédécesseurs : le général de Gaulle avait supprimé son caractère férié en 1959 et VGE avait supprimé son caractère commémoratif en 1975. Le premier avait voulu marquer la réconciliation avec l’Allemagne. Le second marquait que la Communauté (devenue Union) est le garant de la paix.

Le 11 novembre étant consacré au souvenir de tous les morts pour la France, au risque de m’attirer les foudres de certaines associations d’anciens combattants, j’ose avancer qu’il serait plein de significations de supprimer le caractère férié du 8 mai, au profit du 9.

 

→ A chaque fois que je vais en Suisse, je suis frappé par l’abondance des drapeaux nationaux flottant dans les propriétés privées.

Inspiré par cet usage, pour ma part, j’ai décidé d’établir un mât dans mon jardin et d’y faire flotter le drapeau européen. Ce n’est bien entendu pas un rejet de l’emblème national mais un acte militant pour faire savoir que je me sens très fortement européen. Ce n’est peut-être pas inutile par les temps qui courent.

En pratique, j’ai choisi un mât de 6 mètres de hauteur et un pavillon ayant 1mètre de hauteur (guindant) et 1,50 mètres de longueur (flottant).

 

→ Sur mon voilier de plaisance, depuis que le produit est commercialisé, une vingtaine d’années, j’arbore à la poupe un pavillon dit euronational.  Il est constitué d’un fond européen avec le drapeau français incorporé en haut à gauche

En principe, ce n’est pas réglementaire puisque le code des douanes prescrit que l’on doit arborer le pavillon national. Mais c’est la seule façon de manifester en mer son attachement à l’Europe tout en respectant l’étiquette navale qui proscrit d’arborer deux pavillons à la poupe, qui interdit de superposer (on dit coiffer) un pavillon par un autre, sauf usage du code alphanumérique des signaux et qui réserve les autres emplacements de pavillons ou de flammes pour d’autres significations.

Je n’ai jamais eu de remarque provenant d’autorités et cela semble toléré mais ne serait-ce pas judicieux d’autoriser légalement cette pratique ?

 

Pierre Vogt.