Yann Wehrling, secrétaire général du Mouvement Démocrate, était l’invité du journal télévisé de TV5 Monde, ce mercredi 29 mai. Nous vous invitons à revoir cette interview.

Bonjour Yann Wehrling, vous êtes porte-parole et Secrétaire général Mouvement Démocrate, le parti centriste. Le vote de cette nuit sur les produits phytosanitaires, de quelle façon a-t-il fait vibrer votre fibre écologiste ? 

La question des phytosanitaires, de manière générale, dans l’agriculture, on sait que c’est un sujet qu’il va falloir traiter avec patience mais avec détermination. Je crois que maintenant les consciences sont là, on sait qu’il va falloir en faire moins et aller plus vers des systèmes comme celui de l’agriculture biologique.

 

Les consciences sont là mais les actes ne sont pas au rendez-vous apparemment …

Vous savez, je crois beaucoup à l’idée qu’il faut fixer des caps, et ensuite il faut vraiment les tenir. Une fois ce cap fixé – le gouvernement a fixé un cap, dans 3 ans c’est fini – cela permet de mettre les mesures en place pour en sortir. Mais il faut fixer le cap, il faut poser les choses.

 

Mais quid du principe de précaution ? Parce que le Ministre de l’Agriculture dit « on ne connaît pas les effets de ces produits » …

Le principe de précaution prévaut dans ce genre de décision… Ensuite le monde est ce qu’il est : il faut tenir compte des réalités, on ne peut pas changer les choses du jour au lendemain sinon on n’y arrive pas, tout simplement.

C’est comme pour toutes choses dans le domaine de l’environnement, vous dites à telle échéance on va arrêter, et donc tout le monde est prévenu, tout le monde sait qu’il va falloir se préparer, et ensuite le gouvernement est là, les pouvoirs publics sont là pour préparer les étapes.

 

La question a été posée cette nuit par un député LFI, quelle est l’influence des lobbys et des grands groupes industriels de pesticides dans l’orientation gouvernementale ?

Elle est évidemment énorme comme d’habitude, ce n’est pas nouveau. Evidemment on contrecarre des intérêts de gens qui vendent des produits et qui veulent continuer de les vendre.

Si on leur dit « la France a décidé que ce sera fini à telle date », les industriels s’opposent certes, et ils font tout pour que la décision ne soit pas prise. Mais quand la décision est prise, ils s’adaptent aussi et derrière on peut aussi leur faire confiance pour nous proposer des alternatives auxquelles on aspire tous.

 

On a l’impression que dans ce dossier des glyphosates, Stéphane Travers, le Ministre de l’Agriculture, est en train de remporter une sorte de duel qui l’oppose au détenteur du portefeuille de l’écologie, Nicolas Hulot, cela veut dire qu’il n’y pas de place pour l’écologie dans ce gouvernement ? 

On ne peut pas dire ça comme ça. L’écologie n’est pas un sujet consensuel, cela ne l’a jamais été ! On peut avoir de grands discours mais quand on entre dans le vif du sujet, ce n’est jamais consensuel.

Toutes les majorités qui se sont succédées ont vu les points de vue s’opposer. Nous sommes à nouveaux dans cette situation mais nous sommes un certain nombre à nous battre pour que les choses avancent et soient crantées !

 

On va parler maintenant du parti centriste, le MoDem, dont vous êtes le Secrétaire général. Le MoDem c’est 47 députés à l’Assemblée nationale, la République en Marche c’est un groupe de 300 élus, les 2/3 de l’hémicycle. 2 partis qui sont alliés, mais il y a quand même un petit peu une disproportion de la représentation. Quelle est l’influence que peut avoir le MoDem sur un allié aussi puissant justement ? 

La majorité dans son ensemble, y compris au sein de la République en Marche, est diverse, il y a différentes sensibilités. Nous, nous sommes une sensibilité organisée derrière un parti : le Mouvement Démocrate fait partie de la majorité dans sa diversité.

 

Vous vous sentez comme une composante plus libre de la majorité ? 

On est un groupe à part entière bien évidemment, à l’Assemblée nationale, membre de la majorité. On fait notre travail de groupe parlementaire de la majorité. Les deux mots comptent. On joue notre rôle de partenaires et nous sommes là pour faire en sorte que les mesures qui sont prises soient des mesures meilleures et que le gouvernement réussisse son action. C’est notre double rôle.

 

Le MoDem, sa tête d’affiche c’est François Bayrou, un homme à la fibre plutôt sociale, vous n’avez pas l’impression d’avoir été trahi par un président qu’on qualifie aujourd’hui  de « président des riches », qui a fait baisser les allocations logement, qui a fait relever la CSG qui pénalise les pensions de retraite, qui a supprimé l’Exit tax ? 

…, qui a aussi décidé d’arrêter la taxe d’habitation – qui est une taxe qui est payée par tous les Français indépendamment de leurs revenus, certains sont exonérés mais ce n’est pas une taxe juste, sociale donc nous avons raison de l’abandonner. On a réformé un certain nombre de choses dans le domaine de la formation professionnelle et l’accès à l’emploi. Il y a des réformes qu’on ne peut pas ne pas considérer comme des mesures sociales. Le gouvernement avance sur deux pieds. Il y avait une urgence dans la première année de la mandature à faire les réformes économiques que notre pays n’avait pas faites jusqu’à présent. Maintenant il s’agit d’être dans une capacité à faire l’équilibre entre les mesures en faveur de l’emploi pour favoriser la vie des entreprises et les mesures sociales qui doivent être le pendant.

Nous, nous disons qu’il faut avoir un discours social plus marqué. Ce discours existe au gouvernement, mais il faut qu’il soit plus marqué, il faut rassurer les Français sur un certain nombre de choses, et là c’est un chantier qui est devant nous …

 

Vous êtes également Conseiller de Paris, Conseiller régional d’Ile-de-France. Les municipales sont en 2020 : on a l’impression que la bataille de Paris a déjà commencé… Pour vous qui serait le candidat idéal ? On parle beaucoup de Benjamin Griveaux, ou même Anne Hidalgo, laquelle a mis beaucoup d’eau dans son vin … ?

Vous savez, il y a une chose incontournable sur Paris, c’est une élection qui se passe d’abord dans les arrondissements. La prochaine fois ce sera encore plus vrai, ce sera 17 élections municipales additionnées qui se feront dans les arrondissements. C’est l’addition de ces élections qui fera l’élection de Paris. Alors, biensûr, il y aura besoin d’avoir un maire mais il ne faut pas rater la case des élections par arrondissement, ni la case projet. Il faut dire ce que l’on propose pour Paris.

 

Mais pour vous, le chef de file, c’est qui ? 

Pour moi, ce sera quelqu’un qui sera issu de ce rassemblement central qui reste à constituer avec le MoDem, la République en Marche, les Républicains constructifs, et des personnalités issues de la société civile. Vous savez, en faire une majorité pour Paris, c’est possible.

 

Merci Yann Wehrling.

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