Retrouvez la réaction de Yann Wehrling, secrétaire général du Mouvement Démocrate, à la démission de Nicolas Hulot.

Oui, les lobbys sont puissants et ont largement contribué à son découragement. Mais des lobbys, il y en a toujours eu et il en existe aussi du côté des écolos. Nous avons estimé à juste titre que nous avions un écolo au gouvernement. C’était une qualité indéniable qui, en soi, marquait politiquement une réelle ligne d’action du Président de la République. Est-ce la fin ? il ne faut pas que cela le soit.

En tant que militant de l’écologie, nous sommes les « lobbyistes » de la planète et vue la situation des plus préoccupantes de la biodiversité et du climat, il est hors de question de baisser les bras. Que Nicolas ait estimé qu’il ne peut plus rester dans cette fonction, je le regrette mais nous sommes tous obligés de faire avec dorénavant.

25 ans de militantisme m’ont appris deux choses :

-> la vertu de la politique des petits pas
-> le devoir d’être tenace dans la durée, de ne jamais baisser les bras.

On en dira ce qu’on veut, mais en matière d’écologie ce Gouvernement n’a jamais reculé. Une « envie d’écologie » a été affichée, puis mise en œuvre sur plusieurs sujets importants : Notre Dame des Landes, le glyphosate, la loi hydrocarbures, la nécessité de booster l’économie circulaire…

Mon sentiment, c’est que dans des combats aussi lourds, qui remettent en cause des logiques et des intérêts installés depuis si longtemps, seule la persévérance permet d’avoir des résultats. Le ministère de l’environnement doit poursuivre l’action que Nicolas Hulot a initiée.

Il faudra agir pas à pas, négocier sans relâche avec tous les acteurs pour que jamais, sur rien, il n’y ait de reculs, que des avancées, aussi modestes soient-elles.

L’écologie n’est pas condamnée à faire du commentaire, elle doit assumer à bras le corps l’art du compromis et s’installer durablement et de manière crédible comme, non pas une « option politique », mais un incontournable.

La France a de plus un rôle majeur à jouer sur la scène internationale dans ce domaine. Cela commence par son exemplarité, mais aussi dans le fait de rester aux avant-postes d’une Europe qui, on l’oublie trop souvent – est le continent le plus avancé en terme de politique environnementale. A la veille de l’échéance européenne, porter haut l’écologie sera beaucoup plus géo-stratégique qu’on ne le pense.

Voir l’article sur le site du mouvement national.