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Mes chers amis, il faut que je salue, pour être protocolaire, les membres du gouvernement présents dans la salle, les nôtres si j’ose dire, Geneviève Darrieussecq et Jacqueline Gourault etnosamis si proches, Sophie Cluzel et Jean-Yves Le Drian, amis très proches pour les deux.

Peut-être un certain nombre d’entre nous ne le savent pas, mais le nom Cluzel est un grand nom centriste et la mémoire de celui qui le portait est présente parmi nous.

Quant à Jean-Yves Le Drian, c’est la septième fois que nous venons à Guidel et,les six fois précédentes, nous l’avons invité, quoiqu’à l’époque nous ne fussions pas dans la même alliance politique, mais nous pressentions et nous n’étions pas les seuls. Par exemple, Bruno Joncour savait et nous échangions avec lui autour de cette idée qu’au fond, la nature des choses politiques, si on veut vraiment la prendre au plus profond de l’idée que l’on se fait de l’action à conduire et des rapports entre les hommes, faisait qu’il était naturel que, Jean-Yves Le Drian et nous, nous nous retrouvions un jour attelés à la même œuvre, à la même entreprise.

Six fois nous l’avons invité et six fois il n’a pas pu. Je soupçonne qu’une ou deux fois, cela devait être en pleine élection et, donc, il n’a pas pu, avec toutes les raisons diplomatiques que cela impose, mais comme dit Victor Hugo, à la septième fois, les murailles tombèrent et Jean-Yves Le Drian est là.

Pas besoin d’insister sur cette idée, chacun d’entre vous le sait, toute ma vie politique a été placée sous cette conviction : la France changera le jour où les gens qui pensent largement la même chose, qui ont largement les mêmes valeurs, accepteront de travailler ensemble au lieu de s’opposer artificiellement. Et tout le monde sait ici, qu’il fut pour ou contre à l’époque, à quel point cette idée a dirigé nos pas et les risques que nous avons pris pour elle.

Je suis très heureux que Jean-Yves Le Drian soit là et soit là, comme chacun le sait, dans un moment qui est un moment politiquement crucial. Dans cette rentrée, se jouent des choses essentielles dont nous allons avoir l’occasion de parler longuement pendant ces trois journées, des choses essentielles qui tiennent au soutien des Français, à la nécessité du soutien des Français, à l’œuvre qui a été entreprise qui n’est pas seulement pour moi une œuvre de réforme, mais qui est une œuvre de construction d’un projet de société.

C’est ce projet de société qui est peut-être insuffisamment illustré, formulé, mis en place, parce que nous le croyons profondément fédérateur. Si vous regardez l’ordre des interventions du programme, cela n’a pas été fait tout à fait par hasard. Par exemple, la question de la solidarité et des solidarités va être la première question traitée dès que Jean-Yves Le Drian aura fait devant nous le panorama géopolitique que sa mission lui impose de découvrir et d’ordonner, s’il le peut.

Donc c’est un moment crucial et, dans ce moment crucial, je crois pouvoir dire que tout le monde sent que notre mouvement est appelé à jouer un rôle crucial, pas pour des raisons de politique politicienne, pas pour des raisons de partis, ce ne sont pas les étiquettes qui sont en cause, ce ne sont pas les intérêts partisans qui sont en cause. Ce qui est en cause, c’est le regard que la France jette sur son avenir, la volonté qu’elle mobilise pour le changer, la nécessité que nous avons de partager avec nos concitoyens la certitude que, nous France, nous portons un projet qui ne ressemble à aucun autre, que contrairement à ce que tant de gens écrivent, la question n’est pas seulement d’adaptation de la France au monde comme il est, elle est de proposition de la France, de proposition par la France d’un projet pour ce monde si tourmenté, et pour la société telle qu’elle est, et pour les difficultés qu’elle rencontre.

C’est pourquoi il est si important pour nous de consacrer un vrai temps de réflexion.

Comme chacun d’entre vous le sait, y compris Jean-Yves Le Drian, il y a des universités de rentrée, des fêtes de rentrée qui sont uniquement de mobilisation militante. Cela n’a jamais été le cas chez nous. Chez nous, nous avons toujours voulu que la réflexion approfondie, autant que l’on pouvait approfondir, soit le vrai sujet de ces journées.

Voilà pourquoi le monde comme il est, la société française comme elle est, les difficultés avec le choc de cette société avec un projet qui soit à la fois réaliste et généreux en même temps, est pour nous si précieux.

C’est pourquoi je suis très heureux que Jean-Yves Le Drian soit là, car l’expérience qui est la sienne, cinq années ministre de la Défense nationale, on disait cela à l’époque, l’appellation, Geneviève, a légèrement changé, maintenant ce sont les Armées et, depuis l’élection d’Emmanuel Macron, ministre des Affaires étrangères et européennes – question de l’Europe et question du monde et, d’ailleurs, on ne peut pas imaginer, en tout cas dans nos rangs, que l’Europe soit autre chose que la réponse à la question du monde -, c’est dire à quel point cette double expérience ministérielle précédée par une magnifique expérience d’élu local comme président de cette région bretonne, fait qu’évidemment la parole de Jean-Yves Le Drian qui n’est pas répandue aux quatre vents – il a quelque chose de taiseux dans son tempérament ; tout le monde voit bien qu’il n’en pense pas moins derrière ses lunettes, mais il a ce goût de l’expression rare, mesurée et, donc, d’autant plus lourde – est pour nous précieuse.

J’invite tous nos amis à accueillir Jean-Yves Le Drian.

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