Quel est le sens des élections européennes ?
La question à laquelle j’essaye de répondre ne devrait, à mon avis, pas se poser. Pourtant, de nombreuses déclarations, venant de tous les camps politiques montrent que ceux-ci se les posent et donc, que peut-être les
français se la posent aussi.
Le jour où l’Europe sera tout à fait mature, les citoyens européens choisiront tous les 5 ans des députés porteurs de leurs choix de politique européenne, comme ils font des choix pour des politiques nationales, régionales, départementales ou municipales.
Vous me direz que cette maturité espérée n’est pas encore assurée. Vous me direz que les questions existentielles se posent encore. Vous me direz que les forces centrifuges n’ont jamais été aussi actives. Vous me direz que le
populisme ou la démagogie minent les institutions européennes de l’intérieur et qu’il faut former la tortue pour faire bloc contre les aux assauts des barbares. Vous me direz que 60 ans après sa signature, le traité de Rome part en lambeaux et qu’il faut le restaurer, lui donner un air plus contemporain. Vous me direz qu’alors que le Royaume-Uni qui avait beaucoup hésité à adhérer (deux référendums successifs à l’époque), cherche une porte de sortie accessible, il faut tout faire pour éviter la contagion.
Vous me direz aussi que d’aucun pensent que face à l’hostilité plus ou moins franche de certaines grandes puissances, il vaudrait mieux adopter un profil bas pour éviter leur hostilité, qu’il vaudrait mieux réduire la
puissance européenne organisée.
Et bien non. Nous autres MoDem, nous devons porter un message d’optimisme et d’enthousiasme.
Je crois, je l’ai déjà dit dans ces colonnes, qu’en dépit de quelques apparences, l’adoption intime du concept de collectivité européenne a bien progressé dans l’esprit de nos concitoyens français. Plus aucune formation politique ne prône un abandon de l’Union. J’exclue le groupuscule UPR qui s’est fait un tout petit fond de commerce autour de l’idée d’une sortie de la France et peut-être quelques cellules oubliées de gauche.
Il n’y a pas eu de grand soir, de grande révélation mais les faits sont là. L’Europe est.
Les faits sont là mais ils sont fragiles. L’Europe existe pour autant qu’elle croie qu’elle existe. Notre devoir de force politique est de contribuer à cette confirmation. La pire des erreurs serait de faire douter de cette existence.
Montrer que nous y croyons, c’est agir sereinement pour la politique européenne qui nous semble la plus favorable au succès collectif de notre continent sans porter atteinte aux dynamismes nationaux. Autrement dit,
c’est porter l’extension de l’intégration dans tous les domaines où nous sommes interdépendants, exiger la subsidiarité pour les autres compétences publiques et appeler à toujours davantage de démocratie représentative des citoyens européens. Ces principes sont simples, nous les défendons depuis toujours. Nos élus ont formé un noyau solide au sein du parlement européen.

[…]


Introduire une dose de proportionnelles transnationale faisait partie de nos propositions. Cela n’a pas été obtenu. Mais cela reste un objectif, premier pas vers des listes totalement transnationales.

Montrer que nous y croyons, c’est refuser de confondre l’échéance du 26 mai prochain avec un référendum pour ou contre l’Europe. La grande majorité des listes y sont en fait favorables … mais ne font pas les mêmes
propositions !
Montrer que nous y croyons, c’est pour autant refuser de n’appeler à voter pour nos propositions et nos candidats que ceux qui soutiennent Emmanuel Macron et son gouvernement.

Alors, allons voter et faisons voter pour la liste Renaissance.

Pierre V., extrait de la Lettre Démocrate 2019-2